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expérimentations plastiques à partir de programmes interactifs existants

 

L’ordinateur et la programmation avec ses algorithmes proposent un outil de création radicalement neuf qui questionne la notion même d’œuvre d’art. L’utilisation de l’ordinateur comme médium artistique me paraît évident à un âge où la technologie fait plus que jamais partie de la vie quotidienne. La "software" occupe une place prépondérante dans notre culture moderne et devient de plus en plus un outil nécessaire à notre existence.

 

Bien que dans la plupart des champs de l’art, l’ordinateur soit utilisé qu’à des fins représentatives, il n’est pas seulement un outil de fabrication d’images, d’illusions, d’illustrations où de manipulations, mais il est en soi un medium de création artistique, qui ne fait pas représenter mais présenter.

 

Cet art, est souvent appelé « software art » ou « code art » pour désigner une tendance artistique dans laquelle la programmation fait partie intégrante de l'oeuvre. Programmer revient à mettre en œuvre un système de forces dont la résultante anime une forme dans le temps, l'ordinateur est l'outil de la manipulation du temps par excellence.

 

Bien que cette logique des algorithmes est le fondement de tout travail numérique, souvent, il est biencaché derrière les logiciels. Grâce à des logiciels comme director, la communication entre artiste et ordinateur se fait plus facilement à l'aide de programmes préécrits. Quand le code devient incompréhensible pour l'artiste, on ne peut plus parler de « software art » car l’expérimentation et le hasard priment sur le savoir-faire. Etant autodidacte, cette façon d’expérimenter joue un rôle important pour explorer de nouvelles idées.

Dans Code de création de John Maeda, Martin Wattenberg écrit:


" En tant que graphiste, je me console en me disant que si je me heurte à des obstacles inconnus, je découvririai aussides trésors cachés. [...] Le défi que nous devons relever consiste à apprendre à exercer ce pouvoir simplement et tranquillement, en laissant aux données la liberté dont elles ont besoin pour continuer de nous surprendre."

Ce qui est passionnant dans ce médium c'est la surprise, on a qu'à lui donner une couleur, une forme et un comportement en tant que code, et il nous donne des images lesquelles on n'aurait jamais imaginé. L'apareil photographique fonctionne de la même manière, on le manipule, on appuie sur le bouton, et lorsque l'image apparaît, on est surpris, parce que entre le moment de la prise de vue et le moment ou l'image apparaît a lieu tout un processus comparable à celui de la traduction du code en image par l'ordinateur. La différence est que l'image photographique n'évolue plus après le développement, tandis que l'image dynamique comportementale sur ordinateur change au contact avec le spectateur à chaque instant. Donc, " l'art ne se réduit pas aux quelques jours qu'il me faut pour écrire le programme; ce sont les quelques semaines que je passe à côté de mon travail, à regarder évoluer. Presser la barre d'espace encore et encore et attendre l'instant heureux, l'accident créateur de beauté." (Davis Joshua, code de création, John Maeda). C’est un médium à explorer jusqu’à l’infini. Les formes sont le plus souvent minimales et abstraites pour ne pas primer la représentation sur le processus, mais l’aspect visuel joue un rôle important.

 

Le travail de création de l’œuvre se fait en deux parties : l’artiste programmeur lui donne forme et le spectateur la fait exister. C’est ce qu’on appelle : l’interactivité qui est une activité de dialoque entre un individu et une information fournie par une machine. A l’aide d’interfaces (par exemple la souris) l’utilisateur peut intervenir sur le comportement des différents acteurs qui s’influencent réciproquement. Ce comportement est programmé par l’artiste et varie selon l’intervention de l’utilisateur.

 

La problématique est cette dualité entre le comportement de l'ordinateur et de l'artiste ou le spectateur. Enmanipulant un chiffre dans la programmation, l'effet visuel peut changer radicalement On a l’impression de contrôler mais avec chaque mouvement l’œuvre se crée à nouveau, les possibilités sont infinies. "A tout instant, cet objet va décider de son état suivant par rapport à son état présent et éventuellement par rapport à son état passé" d'après Antoine Schmitt. Elle peut exister à tout moment, partout et dans un temps indéterminé, la seule contrainte est d’avoir un ordinateur et un spectateur qui aime forger de nouveaux espaces.

 

L’œuvre peut seulement exister dans un entre-deux, elle est virtuellement présente dans le code et tend à s’actualiser dans le temps réel. D'après Deleuze, "l'image actuelle a elle-même une image virtuelle qui lui correspond comme un double ou un reflet", donc il y a une formation d'une image biface, actuelle et virtuelle.

 

Une oeuvre numérique est programmée pour muter sous l'action du spectateur, il actualise l’œuvre, il détermine son existence dans le temps, participe à son accomplissement et la fait participer à cette scène internationale et à ses réseaux. Le fait de travailler sur le world wide web rend l’accessibilité possible à tout le monde et est l'outil le plus rapide à transmettre des informations. Le Net.art est la forme qui s’approche le plus d’un « art pour tous » et consacre la disparition de l’objet comme but ultime de la production artistique. Le medium est non seulement message, il est aussi matière.

 

Faire de l’art à l’ordinateur ne nécessite pas forcément d’être informaticien ou programmeur puisque la plupart des logiciels sont préprogrammés et beaucoup d’artistes qui travaillent dans ce domaine sont autodidactes. Le fait d’expérimenter les possibilités du logiciel inconsciemment laisse place au hasard et à la surprise, à des nouvelles idées.

 

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